Concilier économie et environnement c’est possible ?
L'économie et l'environnement sont souvent perçus comme incompatibles. L’un cherche à maximiser la production et la croissance, tandis que l’autre prône la préservation des ressources et des écosystèmes. Alors comment concilier économie et environnement dans un monde face à l’urgence climatique ?
Depuis plus de 25 ans, l'économie tend de plus en plus vers la prise en compte des problématiques environnementales, dans l’objectif d’apporter des solutions au changement climatique. Cependant, force est de constater que cela s’avère insuffisant.
Le modèle économique classique : l’environnement est une contrainte
Selon l’approche économique classique, « les pressions écologiques apparaissent comme des contraintes et des coûts susceptibles de menacer la pérennité des organisations. » (Olivier Boiral, 2004). Les impacts sur l’environnement causés par l’activité industrielle (accélération de la corrosion, détérioration d’un site, épuisement des ressources naturelles…) entraînent des coûts externalisés. Mais ceux-ci ne sont pas supportés par l’entreprise et sont reportés à la charge de la collectivité. Face à ces problèmes, « les pressions environnementales et les normes réglementaires vont conduire les entreprises à internaliser ces coûts par des actions visant à réduire les impacts sur le milieu naturel. » Cela peut se traduire par des charges comme des dépenses de fonctionnement (main-d'oeuvre, maintenance, entretien, etc) ou pour des équipements en faveur de l’environnement. Conformément au modèle classique, plusieurs études économiques ont montré par des statistiques, que « le développement de la réglementation environnementale et les investissements réalisés pour y répondre tendent à avoir un impact négatif sur la productivité des entreprises » (Denison, 1978; Christainsen et Haveman, 1981; Guollop et Roberts, 1983; Dufour, Lanoie et Patry, 1992). En effet, acquérir des équipements en faveur de l’environnement implique dans la plupart des cas de très lourds investissements, dont la rentabilité est faible. Cette vision du modèle classique, se basant sur une incompatibilité entre économie et environnement, est largement contestée depuis la fin des années 80 par d’autres approches, qui ont montré les bénéfices d’intégrer les questions environnementales dans l’activité des entreprises.
L’Hypothèse de Porter : l’environnement peut être bénéfique
A partir des années 90, de nombreux travaux ont mis en avant les avantages que pouvaient apporter la mise en œuvre de stratégies environnementales basées sur les principes du développement durable (Schmidheiny et al., 1992; Landry, 1990; Sala, 1992; Robins, 1992) : économies de matières et d’énergie, amélioration de l’image de l’entreprise, innovations technologiques... . Dans ces études, les questions environnementales sont vues comme un moyen d’améliorer la productivité et la compétitivité de l’entreprise selon la perspective « win-win » ou « hypothèse de Porter ». Selon Michael Porter, professeur et chercheur américain, une réglementation environnementale stricte des entreprises peut réduire leur impact environnemental et leur apporter des avantages à long terme en termes d'innovation, d'efficacité, de subventions, d'avantage concurrentiel, etc. Certaines entreprises, comme la multinationale américaine Interface, spécialisée dans la fabrication de tapis et de textiles, ont validé l’hypothèse de Porter. En 1994, Interface a mis en place une politique environnementale visant l’objectif de neutralité carbone d’ici 2040, qui lui a permis de réduire de 96 % ses émissions de gaz à effet de serre (chiffres de 2017) et d’augmenter ses revenus de 20 % (Johansen, 1998).Cependant certaines études, comme celles de Boyd et McCelland en 1999 ou de la Banque centrale européenne en 2023, montrent des résultats nuancés. L’hypothèse de Porter semble, dans la plupart des cas, se vérifier uniquement pour les entreprises qui ont assez de ressources pour investir dans des nouvelles méthodes de production moins polluantes. Pour les autres, les réglementations environnementales ont un effet négatif sur la productivité et leur compétitivité face aux autres. Il semble ainsi difficile de coïncider avantages économiques pour les entreprises et mise en place de réglementations environnementales, puisque l'efficience environnementale dépend de nombreux facteurs (les ressources de l’entreprise, les contraintes imposées, etc). Cependant, les dirigeants jouent un rôle crucial dans la promotion d'une logique vertueuse entre environnement et productivité.
Depuis plus de 25 ans, l'économie tend de plus en plus vers la prise en compte des problématiques environnementales, dans l’objectif d’apporter des solutions au changement climatique. Cependant, force est de constater que cela s’avère insuffisant.
Le modèle économique classique : l’environnement est une contrainte
Selon l’approche économique classique, « les pressions écologiques apparaissent comme des contraintes et des coûts susceptibles de menacer la pérennité des organisations. » (Olivier Boiral, 2004). Les impacts sur l’environnement causés par l’activité industrielle (accélération de la corrosion, détérioration d’un site, épuisement des ressources naturelles…) entraînent des coûts externalisés. Mais ceux-ci ne sont pas supportés par l’entreprise et sont reportés à la charge de la collectivité. Face à ces problèmes, « les pressions environnementales et les normes réglementaires vont conduire les entreprises à internaliser ces coûts par des actions visant à réduire les impacts sur le milieu naturel. » Cela peut se traduire par des charges comme des dépenses de fonctionnement (main-d'oeuvre, maintenance, entretien, etc) ou pour des équipements en faveur de l’environnement. Conformément au modèle classique, plusieurs études économiques ont montré par des statistiques, que « le développement de la réglementation environnementale et les investissements réalisés pour y répondre tendent à avoir un impact négatif sur la productivité des entreprises » (Denison, 1978; Christainsen et Haveman, 1981; Guollop et Roberts, 1983; Dufour, Lanoie et Patry, 1992). En effet, acquérir des équipements en faveur de l’environnement implique dans la plupart des cas de très lourds investissements, dont la rentabilité est faible. Cette vision du modèle classique, se basant sur une incompatibilité entre économie et environnement, est largement contestée depuis la fin des années 80 par d’autres approches, qui ont montré les bénéfices d’intégrer les questions environnementales dans l’activité des entreprises.
L’Hypothèse de Porter : l’environnement peut être bénéfique
A partir des années 90, de nombreux travaux ont mis en avant les avantages que pouvaient apporter la mise en œuvre de stratégies environnementales basées sur les principes du développement durable (Schmidheiny et al., 1992; Landry, 1990; Sala, 1992; Robins, 1992) : économies de matières et d’énergie, amélioration de l’image de l’entreprise, innovations technologiques... . Dans ces études, les questions environnementales sont vues comme un moyen d’améliorer la productivité et la compétitivité de l’entreprise selon la perspective « win-win » ou « hypothèse de Porter ». Selon Michael Porter, professeur et chercheur américain, une réglementation environnementale stricte des entreprises peut réduire leur impact environnemental et leur apporter des avantages à long terme en termes d'innovation, d'efficacité, de subventions, d'avantage concurrentiel, etc. Certaines entreprises, comme la multinationale américaine Interface, spécialisée dans la fabrication de tapis et de textiles, ont validé l’hypothèse de Porter. En 1994, Interface a mis en place une politique environnementale visant l’objectif de neutralité carbone d’ici 2040, qui lui a permis de réduire de 96 % ses émissions de gaz à effet de serre (chiffres de 2017) et d’augmenter ses revenus de 20 % (Johansen, 1998).Cependant certaines études, comme celles de Boyd et McCelland en 1999 ou de la Banque centrale européenne en 2023, montrent des résultats nuancés. L’hypothèse de Porter semble, dans la plupart des cas, se vérifier uniquement pour les entreprises qui ont assez de ressources pour investir dans des nouvelles méthodes de production moins polluantes. Pour les autres, les réglementations environnementales ont un effet négatif sur la productivité et leur compétitivité face aux autres. Il semble ainsi difficile de coïncider avantages économiques pour les entreprises et mise en place de réglementations environnementales, puisque l'efficience environnementale dépend de nombreux facteurs (les ressources de l’entreprise, les contraintes imposées, etc). Cependant, les dirigeants jouent un rôle crucial dans la promotion d'une logique vertueuse entre environnement et productivité.
